J'éviterais les œuvres de Quoi?Qui? à cause de leurs influences directement citées qui n'apporteraient rien à ce fabuleux débat.
Œuvre 3
Analysons tout d'abord l'œuvre d'un aspect visuel.
Sans doute inspirée d'estampes japonaises pour ses formes bien cernées et remplie de couleurs, cette œuvre se structure sur le regard en Z que l'on porte au premier abord.
Le regard suit le ciel crépusculaire pour ensuite descendre le long de la montagne et arriver au sujet principale du premier plan, la borgne. Sa couleur rouge attire d'autant le regard, voir le stope et le capte pour ensuite se concentrer vers le centre, le soleil couchant (ou levant), doublement mi en valeur par sa position centrale et la route conduisant droit sur lui (route qu'aurait aimé avoir Rahan le fils des ages farouches afin de trouver la tanière du soleil).
Plus dans le details maintenant, on constate que le ciel est nuageux, le terrain nivelait et rocailleux, le sommet de la montagne même neigeux. On devine des conditions de vie difficile.
La route symbolise bien évidemment le chemin à parcourir. Sa couleur saumon la rendrait presque douce, chaude, comme un espace préservé (et non comme un préservatif). Mais sa verticalité en dit plus long encore (vertical, long, preservatif... où va-t-on?), la vertical indique qu'il va falloir de la force, un chemin ardue, une quête vers la vérité ne présageant aucun repos.
La femme au premier plan semble ne rien avoir à faire la avec son petit haut rouge bien noué, cette pause en "regard caméra" comme s'il s'agissait de photos de vacances. Son aspect bien portant est par contre brisé par la cicatrice de son œil borgne, et cet autre "X" marquant l'emplacement non pas du trésors mais de son cœur, sans doute le dernier bastion d'espoir poussant ce personnage à avancer.
Je pense que l'artiste a voulu symboliser à travers cette femme non pas un personnage affrontant ce paysage difficile, mais la récompense qui pourrait l'attendre une fois arrivé. Sorte de trophée en partie entaché par le désespoir grandissant.
Connaissant le sujet et les influences de l'artiste, on peut aussi penser que le couché de soleil est en fait un levé de soleil, que cette route est la dernière ligne droite, le dernier effort à fournir pour parvenir à son but, le Dôme. Dans ce cas le soleil levant pourrait bien être le Dôme lui même, rendu étincelant par les première lueur d'un soleil le dévoilant enfin. Présentant cet endroit comme un sanctuaire divin, le lieu de la salvation (et pas salivation...), telle une élévation vers un nouveau plan d'existence.
On pourrait alors voir cet œuvre comme un tract de propagande pour inciter à aller vers ce lieu, la pose de la femme se justifiant alors.
Seul son apparence reste un mystère, son œil borgne pouvant signifier que dans ce lieux, il y en aura pour tous étant donné que les femmes y ont un trou de plus, faisant de l'auteur un misogyne fini. ou alors est-ce là une tentative de ternir le coté sacré de cette œuvre et d'y montrer un peu d'(in)humanité, comme un retour à la réalité des choses. Ce lieu ne sera pas parfait, le chemin parcouru pour y parvenir en aura brisé les individus.
Œuvre 5
Ici encore l'artiste à représenté un route, cette fois ci de travers et coulant de la porte d'une maison tel un torrent d'eau.
Les formes géométrique de la maison laisse penser à un édifice fragile, à peine empilé et pouvant s'effondrer, la cheminée fumant en abondance laisse penser que la maison est en feux, ou que ce qui s'y passe à l'intérieur n'est pas très sain.
La sorte de chien/dinosaure/crocodile qui l'agite représente sans doute la folie de l'auteur. Celui-ci désirant changer de vie. Trop encré dans la réalité il cherche alors à briser sa maison. Casser sa routine, sortir de ce monde restreint qui part en fumée.
L'absence de proportion et de perspective renforce cette aspect d'enfermement, comme prisonnier entre deux plaque de plexiglas. Le dessin enfantin rappelle aussi forcément l'enfance. L'obligation de l'obéissance, la suivit de règle simpliste et le confinement à certains espaces dit protégés, tel la maison.
Le monstre représente alors le danger extérieur.
Sauf qu'ici le monstre s'attaque à la maison, non pas à l'individu. L'extérieur ne met pas en danger les gens, mais l'édifice. L'artiste semble vouloir montrer qu'il est nécessaire de se jeter dehors, passer outre le danger et la peur pour découvrir le monde dans son ensemble, au risque de s'exiler du reste de la société (et ce avant qu'elle s'effondre).
Enfin, le personnage représente l'auteur, enfin libéré des contraintes du monde qui l'entourait. Il parait alors fragile, en fils de fer, déséquilibré, le visage vert, maladif ou "vert de peur". On y percoit toute sa fragilité.
Ce premier pas dans l'inconnu lui fait perdre ses repères.
Il s'agit donc, à travers cette œuvre, d'un récit de libération, plus même, un véritable manifeste surrealiste; digne héritier du dadaïsme, plébiscitant une remise en question de toute la société.